par Jean-Charles Andre
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19 novembre 2025
Le 19 novembre 2025, le Bitcoin s’échange autour des 90 000 dollars , en baisse d’environ 28 % depuis son plus haut historique atteint à 125 000 dollars le 6 octobre . Cette correction rapide, survenue en à peine six semaines, illustre à la fois la volatilité naturelle d’un actif émergent et la fragilité du contexte macroéconomique mondial . Mais derrière la baisse des cours, il serait réducteur d’y voir un simple retournement de marché. Ce qui se joue en toile de fond, c’est une recomposition profonde du système financier international , dans laquelle les politiques budgétaires américaines, la gestion de la dette et la perception de la monnaie jouent un rôle central. Et comme souvent, le Bitcoin ne fait que répercuter, avec une intensité accrue , les tensions d’un système monétaire à bout de souffle. 🇺🇸 43 jours d’arrêt : un record historique aux États-Unis Les États-Unis viennent de sortir d’un shutdown de 43 jours , le plus long jamais enregistré. Pendant près d’un mois et demi, la première économie du monde a tourné au ralenti : arrêt des salaires fédéraux, suspension des contrats publics, gel des dépenses, et blocage de la machine administrative. Ce “temps mort” a gelé la liquidité publique — ce carburant invisible qui maintient les flux économiques. Mais lorsque le gouvernement rouvre, le phénomène inverse se produit : les dépenses repartent brutalement , inondant les marchés de liquidités nouvelles. Ce schéma s’était déjà produit en 2019 : après un long shutdown, le Bitcoin avait été multiplié par trois en quelques mois. La mécanique reste la même, mais cette fois, les montants en jeu sont sans précédent. 💧 Le retour de la liquidité… et ses effets différés Durant la fermeture du gouvernement, le Trésor américain (TGA) a vu son solde passer d’environ 300 milliards à près de 1 000 milliards de dollars . Un stock colossal de liquidités, accumulé pendant plus d’un mois sans dépenses publiques. Pour constituer cette réserve, le Trésor a aspiré la liquidité ailleurs, notamment dans les réserves bancaires. Résultat : le système financier s’est asséché, les marchés sont devenus nerveux, et les actifs risqués — dont le Bitcoin — ont consolidé. Maintenant que le robinet budgétaire s’est rouvert, cet argent recommence à irriguer l’économie. Mais contrairement à 2019, le marché anticipe déjà les excès : inflation persistante, dettes record, et hausse du coût du capital. Autrement dit, la liquidité revient… mais la confiance, elle, reste fragile. 🏠 Trump et les prêts à 50 ans : relancer sans dépenser Dans ce climat incertain, Donald Trump a annoncé un projet de crédit immobilier sur 50 ans , destiné à rendre le logement plus accessible. Politiquement, la mesure séduit : elle réduit les mensualités et donne un souffle artificiel au pouvoir d’achat. Mais économiquement, c’est une arme à double tranchant . Les ménages américains possèdent environ 35 000 milliards de dollars d’actifs immobiliers , dont près de 20 000 milliards nets de dette . Cette richesse “immobilisée” dans la pierre est au cœur du projet : il s’agit de la faire circuler à nouveau , en libérant du capital par le crédit. L’idée est simple : si les Américains ne peuvent pas acheter moins cher, qu’ils achètent plus longtemps . 🔄 Une stratégie vieille comme la crise de 1929 Ce mécanisme rappelle celui de Roosevelt en 1934 , qui avait instauré le crédit à 30 ans pour sauver l’économie après la Grande Dépression. Cette réforme avait permis à des millions d’Américains de devenir propriétaires, dopant la croissance grâce à la création de crédit. Trump reprend cette logique… en version prolongée. Chaque fois qu’on allonge la durée d’un prêt , on crée de la monnaie , on augmente la demande et on repousse le problème dans le futur . C’est une stratégie de relance sans dette publique, mais fondée sur l’endettement privé — autrement dit, une relance sous perfusion . 📉 L’inflation comme pilier caché du modèle Une hypothèque sur 50 ans coûte beaucoup plus cher en intérêts, parfois le double d’un prêt classique sur 30 ans. Mais avec une inflation moyenne de 7 % par an sur un siècle, cette différence se dilue avec le temps. Les ménages remboursent dans une monnaie qui vaut de moins en moins , et c’est précisément l’objectif implicite du gouvernement. “Endettez-vous aujourd’hui, remboursez demain avec de la monnaie dévaluée.” Cette politique entretient artificiellement la croissance, tout en affaiblissant la valeur réelle de la monnaie . Et plus la monnaie se dilue, plus la recherche d’actifs rares — or, Bitcoin, immobilier — devient logique. ₿ Bitcoin : la monnaie sans dette face à l’économie de crédit Le Bitcoin, dans ce contexte, agit comme un miroir inversé du système financier. Alors que l’économie traditionnelle dépend de la création de crédit, le Bitcoin repose sur une offre fixe et non manipulable . Chaque fois que les États repoussent leurs limites budgétaires ou gonflent artificiellement la masse monétaire, le Bitcoin gagne en légitimité. Il devient une valve de confiance , une façon pour les épargnants de se protéger contre la dévaluation du pouvoir d’achat. La baisse actuelle du Bitcoin — près de 30 % en six semaines — ne remet pas en cause cette dynamique. Elle illustre simplement le décalage naturel entre la vitesse des cycles financiers et la lente prise de conscience monétaire . 🔮 Un parallèle historique qui en dit long Les parallèles avec les années 30 sont troublants : Roosevelt avait inventé le crédit long pour sauver le système. Trump le prolonge pour le maintenir artificiellement en vie . Dans les deux cas, la logique est la même : créer de la croissance à crédit, stimuler la consommation et repousser la crise. Mais en 2025, une différence majeure existe : le monde dispose désormais d’une alternative monétaire crédible , indépendante des États et des banques centrales. 🧭 Conclusion : la liquidité revient, la confiance s’effrite La fin du shutdown américain n’est pas une simple formalité. C’est le signal du retour massif de la liquidité dans le système financier mondial. Mais cette fois, l’excès de dette, la fragilité bancaire et la dépendance au crédit créent un environnement où la confiance devient la ressource la plus rare . Les prêts à 50 ans ne sont pas un cadeau électoral, mais un moyen politique d’acheter du temps . Et chaque fois que le système choisit l’endettement plutôt que la réforme, le Bitcoin gagne en pertinence — même dans la volatilité. La tendance de court terme peut rester baissière. Mais sur le fond, les fondamentaux qui soutiennent le Bitcoin — rareté, indépendance et transparence — n’ont jamais été aussi solides. ⚠️ Avertissement réglementaire Les informations, analyses et projections présentées dans cet article ont un but strictement informatif et pédagogique . Elles ne constituent en aucun cas un conseil en investissement , une recommandation personnalisée, ni une incitation à acheter, vendre ou détenir un actif financier, y compris le Bitcoin ou tout autre actif mentionné. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures . Les marchés financiers peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse, et tout investissement comporte un risque de perte en capital. Avant toute décision, il est recommandé de procéder à vos propres analyses ou de vous rapprocher d’un professionnel adapté à votre situation.